Récit d’un voyage au pays du Soleil Levant
Mon aventure commence donc il y a 11 ans, lorsque je découvre du haut de mes 14 printemps cet art martial qui marquera une étape déterminante de mon adolescence. L’enseignement traditionnel que je reçois au Dojo me fait découvrir alors une culture et une tradition millénaire dont j’ignorais jusque là l’existence.
Brûlant d’une nouvelle passion, je n’eus de cesse de m’intéresser à l’archipel nippon et à ses habitants. Au fil de mes recherches, il m’apparut clairement que l’aspect traditionnel du Japon s’était effacé pour laisser place à la modernité que chacun connaît aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne, je vois en cette adaptation économique et sociale au cours des siècles un nouveau sujet passionnant qui fera l’objet de nombreuses études de ma part. A cette époque, je connaissais énormément de choses sur le Japon et en même temps…aucune, n’y ayant jamais mis les pieds.
C’est pour combler ce manque et pour fêter dignement ma majorité, que je décidai de partir un mois, seul, à l’aventure et sac au dos pour découvrir …
TOKYO :
1er Août 2006, je quitte Paris légèrement anxieux mais néanmoins impatient de découvrir la civilisation japonaise. Le trajet semble interminable pour un néophyte des vols au long cours comme moi. J’arrive à Narita, où je me retrouve pour la première fois seul et livré à moi même en territoire « inconnu ». Il ne me faudra cependant pas bien longtemps pour trouver le train en partance pour le quartier tokyoïte de Ueno, mon camp de base pour mon périple dans la capitale.
Dès mon arrivée, je me mets en route pour découvrir Asakusa, le « vieux quartier « de Tokyo, à quelques kilomètres seulement de mon hôtel. Le complexe de temples est certes très attrayant de jour comme de nuit, mais l’afflux de touristes assombrit un peu le paysage. N’ayant réservé aucun hôtel à l’avance, en haute saison touristique (ça c’est de l’aventure !), j’étais libre d’aller où bon me semblait, mais je n’étais pas à l’abri d’un éventuel problème de logement. Quand bien même, j’étais pour 6 jours dans la capitale et comptais bien en profiter au maximum.
D’abord Ueno et son grand parc abritant temples, musées, cimetières, ensuite Akihabara « electric town », connu pour ses grandes enseignes lumineuses mais aussi son marché de l’électronique où j’eus tôt fait de trouver des adaptateurs pour nos prises européennes. Ensuite direction le centre, où se trouvent, le palais impérial et ses jardins, Ginza et ses supermarchés de luxe ainsi que le marché aux poissons mondialement connu de Tsukiji. Je redescends ensuite vers la tour de Tokyo et le quartier de Roppongi, rendez-vous branché des Tokyoïtes, où l’on peut admirer les plus belles folies du design japonais. Je rentre de nuit à Ueno ; j’aurais visité en un jour la moitié de Tokyo…à pied !?
Shibuya, le quartier des jeunes, où musique et vidéo accompagnent à chaque coin de rue le voyageur perdu dans les artères. Le Meiji-Jingu, tombeau de l’empereur réformateur et héros national, est un coin de verdure apaisant dans l’enfer de la jungle urbaine. Et enfin, le dernier mais non le moindre quartier de Shinjuku, centre administratif de Tokyo, au sein duquel se côtoient les plus hauts grattes-ciel de la mégapole. Véritable « ville dans la ville », Shinjuku ne s’endort jamais et émerveille par sa diversité. Le Kabuki-cho, le centre animé de Shinjuku est un passage obligé pour le touriste que je suis. Apres une journée bien remplie, je profite de ma fin d’après midi pour me rendre à l’Aikikaï So-Hombu de Tokyo. Véritable dédale de petite rues avant d’arriver devant le célèbre Dojo, malheureusement fermé à cette époque de l’année. Pas de chance, ce sera pour la prochaine fois !
Il me reste deux jours pour visiter les environs de Tokyo : Nikko et son architecture baroque léguée par la dynastie shogunale des Tokugawa ; mais aussi Kamakura, une ancienne capitale aux nombreux temples majeurs et connue pour son bouddha géant.
KYOTO :
Je quitte Tokyo (où je reviendrai en fin de voyage) pour Kyoto, capitale culturelle du Japon, où je logerai dans un sympathique ryokan (auberge traditionnelle japonaise) pour 9 nuits. Visiter tous les temples de Kyoto est impossible, néanmoins je décide de faire le tour des principaux sites touristiques. Le superbe Pavillon d’or et les magnifiques jardins du pavillons d’argent. L’incontournable Palais Impérial et le château du Shogun. D’innombrables jardins ainsi que le vieux quartier de Gion, célèbre pour ses Geishas.
Mais Kyoto n’est pas vraiment une ville musée, ainsi il est possible de s’abandonner au shopping dans le grand marché couvert de Nishiki et autres galeries commerciales.
Les environs de Kyoto plaisent aussi. Le pavillon du phœnix est un des sites les plus visités du Japon. Une promenade sur le Fushimi Inari, temple connu pour ses milliers de petits torii (portiques Shinto) vermillons vous emmène de sanctuaire en sanctuaire jusqu’au sommet d’une des collines de Kyoto qui offre aux courageux un panorama sur la ville.
Un jour à Nara, ville toute proche, est une expérience très intéressante. Les quelques 1200 daims vivant en totale liberté viennent manger dans la main des passants. C’est aussi l’occasion d’aller voir l’impressionnant complexe du Grand bouddha (le plus grand du Japon) et le temple aux milles lanternes.
A une heure en Shinkansen (TGV japonais), l’incontournable Himeji-jo, château du héron blanc, perce la triste ville par son éclat et sa splendeur. J’oublie le temps quelques minutes pendant l’ascension du donjon et me retrouve au temps où les samuraïs arpentaient encore ces longs couloirs.
Mes derniers jours à Kyoto furent moins joyeux. En pleine période d’O-bon (fête des ancêtres), jours fériés nationaux, tout était devenu inaccessible. Tout, sauf le centre de Budo de Kyoto, dans l’enceinte duquel on peut toujours admirer l’un des plus vieux dojo du Japon. Un grand nombre d’arts martiaux y sont pratiqués quotidiennement. J’ai la chance de pouvoir assister à un entraînement de Kyudo et de Iaido. Bien qu’ absents, l’ombre des fiers sumotoris plane encore sous le chapiteau qui leur est réservé.
HIROSHIMA :
Kyoto derrière moi, je prends le train en direction d’Hiroshima. A peine posé le pied dans la ville portuaire et déjà la chaleur m’accable. 42°C sur la place de la paix ! 61 ans et dix jours après l’explosion de la bombe atomique, c’est plein d’émotion que je parcours les différents musées et mémoriaux, dont le plus impressionnant reste le dôme de la bombe-A, resté tel quel après l’explosion.
Bien que récente, Hiroshima est une ville chaleureuse, dont les habitants sont très fiers. De grande galeries commerciales, mais aussi les promenades le long des canaux renforcent mon idée. Plus que dans une ville, c’est dans un symbole que j’ai l’impression de marcher !
Je visite, pour terminer le château de la Carpe, rasé en 1945 et reconstruit à l’identique, il n’en reste pas moins très joli.
Le lendemain matin, je traverse la mer intérieure en ferry direction : « l’île sanctuaire de Miyajima ». Cette île, connue pour son gigantesque torii, baignant dans la mer à marrée haute, offre l’un des trois plus célèbres panoramas du Japon. La découverte de cette île restera pour moi, l’un des meilleurs souvenirs de ce voyage.
TAKAYAMA :
Et déjà il est l’heure de quitter Hiroshima, pour partir à Takayama, dans le district de Hida. Cette « petite » ville de charpentiers, autrement appelée « petite Kyoto des alpes », n’a presque pas bougé depuis des générations (du moins lorsqu’on se ballade dans le centre historique). L’architecture traditionnelle reflète l’étonnant savoir faire des charpentiers de la région. Les marchés du matin, la maison du gouverneur, ainsi que la promenade dans la montagne autour des restes du vieux château, sont les principales attractions touristiques.
Un peu plus loin, c’est Hida-no-Sato, village folklorique reconstitué qui offre au voyageur l’illusion de se promener dans le Japon du XVIIIe siècle.
Que dire de plus si ce n’est que les spécialités de la région sont le bœuf Hida dont la viande est extrêmement tendre, le Saké et enfin les « sarubobo » :sorte de poupée représentant des bébé singes, que les femmes apprennent à coudre dès leur plus jeune âge et qui font fureur auprès des touristes.
TOKYO :
Je dis au revoir aux montagnes, et retourne au milieu du brouhaha de Tokyo, l’afflux humain des employés de bureaux et l’ombre des buildings. J’y reste trois jours à découvrir le nord de la capitale, le « Nippon Budokan Tokyo » dans lequel j’assiste à un tournois de Kendo…véritablement impressionnant ! Des centaines de kendokas se ruent dessus en criant, tout ça dans les règles de l’art.
Ces derniers jours à Tokyo me permirent de découvrir la vraie gastronomie nippone, concept qui jusque là était resté fort abstrait durant mon séjour.
NUMAZU :
Mes derniers jours au Japon, m’emmenèrent à Numazu, petite ville de pêcheurs située sur une presqu’île au pied du mont Fuji. J’y admirai les champs de wasabi, je fit une cure dans un Onsen (source thermale) avant d’aller visiter la villa impériale de Hirohito. Et déjà il me faut rentrer au pays…
J’ai découvert le Japon dont j’étais tombé amoureux il y a quatre ans, à présent je maîtrise même les bases de la langue. C’est plein de souvenirs que j’ai quitté le sol nippon. Je ne lui ai pas dis adieu, mais seulement à bientôt !
Martin Dormal.
P.S:j'ai eu l'occasion de réaliser plus de 1.600 photos....
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